Un Dimanche à Barbizon
C’était une belle journée pour retourner se balader à Barbizon et profiter une dernière fois du charme de la Grande Rue, avant la fin de notre week-end en amoureux...
Nous avions choisi de déjeuner dans un petit
restaurant bien moins gastronomique que les autres, mais où nous serions certain
d’y être plus à l’aise, sans la présence d’un serveur dans notre dos prêt à dégainer
sa balayette à la moindre miette tombée malencontreusement sur la nappe.
La cour intérieure baignée de soleil se remplissait à vue d’œil
et nous prirent rapidement place en son centre, à la seule table ne
bénéficiant pas hélas, de parasol. Je ne me souviens plus très bien ce qu’il
y avait à la carte, mais le rosé était frais et ses yeux pétillaient de malice.
J’observais la sueur qui commençait à perler sur sa peau, dans l’échancrure de
son chemisier largement entrouvert sur sa ronde poitrine.
Elle se doutait bien que derrière mes lunettes de soleil, mon
regard devait probablement s’immiscer dans l’intimité de son attrayant
décolleté. Je salivais presque, à l’idée d’y glisser ma langue pour goûter à
la moiteur saline de son épiderme, mais le cadre ne se prêtait pas à ce genre
de débordement, et encore moins à mon insatiable gourmandise. C’est alors que
dans un excès de bonté, elle fit sauter un nouveau bouton de son corsage,
dévoilant à qui voulait bien y jeter un œil, la totalité du galbe de ses
jolis seins.
Le serveur jeta les deux et en fut tout retourné, louchant comme
un malade sur la blancheur opaline de son buste. Mon adorée continua de
déjeuner comme si de rien n’était, avec une élégance rare teintée d’un zest
de sensualité qui la rendait irrésistible. Le sourire au coin des lèvres, elle
aimait me surprendre et à l’occasion, me mettre à l’épreuve, et je dois avouer
que cela marchait à tous les coups.
Cramoisis, nous quittâmes le restaurant pour aller retrouver un
peu de fraîcheur dans la forêt toute proche. Un sentier nous guida entre les
rochers, vers les hauteurs, et nous décidâmes de nous installer au creux de
l’un deux, suffisamment travaillé par l’érosion pour le trouver confortable.
Elle s’étendit au soleil alors que moi, placé juste à ses côtés, je tirais avantage
d’une zone plus ombragée. Les bras relevés au-dessus de son visage serein,
elle ferma les yeux pour goûter à la caresse du soleil, ainsi qu’à celle de
mes baisers.
Des familles pique-niquaient aux alentours, à quelques dizaines
de mètres de notre nid de mousse végétale, mais nous les avons vite oubliées.
Tandis que je l’embrassais, mes doigts finirent de déboutonner en douceur son
corsage, puis ma main se glissa discrètement sous le tissu léger pour aller
palper le modelé de son sein. Il était délicieusement frais et velouté, et je
fis mine de ne porter aucune attention à son mamelon qui pointait entre mes doigts.
Un infime brin d’air agitait les branches des arbres dans un
bruissement qui couvrait à peine les cris et rires des enfants qui jouaient
au loin. Nous étions bien, à jouir ainsi de l’instant présent et de ces
petits riens qui nous emplissaient de bonheur. J’ai eu l’envie soudaine d’immortaliser
l’instant. Graver dans ma mémoire et celle de mon appareil photo, ce qui pouvait
rendre sa présence si belle.
Je me mis à la mitrailler sous tous les angles, comme pour capter
dans l’urgence ces instantanés pour ne rien perdre d’elle, ni de ce moment si
précieux. Elle demeurait superbe et impassible, abandonnant son corps tout
entier au délice de ce bain de soleil. Une folie traversa mon esprit, celle
d’écarter les pans de son chemisier afin de mettre à nu ses seins magnifiques,
au risque d’être pris en faute par les promeneurs qui passaient dans le sentier
en bordure de notre rocher.
Avec elle, j’avais toujours le désir de pousser le bouchon un peu
plus loin, ce qui nous a valu certaines étreintes dans des lieux très peu
privés. D’un double revers de la main, j’ouvris totalement son chemisier pour
révéler au grand jour sa poitrine d’albâtre. Pas un seul battement de cil de
sa part ne vint compromettre ma pulsion. J’ai même cru lire dans ses yeux clos,
une sorte de jubilation à se sentir ainsi exhibée. Elle m’apparut comme je la
rêvais si souvent, parée en toute simplicité de sa redoutable beauté. Pas
étonnant qu’il soit si difficile de l’oublier.
Je pris encore quelques clichés, de ceux qui ne me sortiront
jamais de l’esprit. Je revins auprès d’elle quand elle décida enfin à refaire
surface en se redressant sur ses fesses. Me fondant amoureusement dans la
cambrure de ses reins, mes bras enserrèrent son corps chauffé à blanc, pendant
que du bout des lèvres je consumais de fiévreux baisers sur l’arrondi de sa nuque.
Nous reprîmes lentement conscience de l’espace et du temps, ainsi
que des gens qui nous entouraient. Un peu plus bas, des familles concentrées
autour de leur glacière se délectaient joyeusement de leur pique-nique,
tandis que des randonneurs du dimanche progressaient en file indienne dans le
sentier jouxtant notre rocher. Je ne pensais même plus au chemisier déboutonné,
ni à ses seins que je cajolais tendrement dans le creux de mes paumes, à la vue
de tous. En fait, tout ceci me semblait terriblement naturel.
La douce ivresse du rosé s’était quelque peu estompée lorsqu’il
fut l’heure de lever le camp. Bras de dessus, bras dessous, nous quittâmes
les rochers de Fontainebleau afin de retrouver notre véhicule stationné en
bordure de route. C’est alors qu’une sorte d’effervescence attira notre oreille,
tout comme notre regard. Un peu plus loin dans une clairière était établi un
baraquement ressemblant fort à une buvette, ce qui tombait à pic car il
faisait toujours très chaud. Nous nous avançâmes dans but de nous désaltérer
et c’est là que nous vîmes qu’ils servaient de la citronnade artisanale. Cela
ne vaut pas une bonne mousse vous me direz, mais nous pensions que cette
citronnade serait à même d’étancher notre soif !
Une fois servis, nous sommes allés nous installer côte à côte sur
le banc d’une grande table, cette fois-ci bien ombragée. Elle sortit à son
tour son appareil photo et commença à me tirer le portrait. Cela s’en suivit
par une série d’autoportraits que nous prenions à bout des bras, tout en nous
bécotant. Nous rigolions comme des enfants et je crois bien qu’à cet instant
précis j’aurais adoré la renverser sur la table pour lui faire l’amour. L’ambiance
étant plutôt familiale, je me suis abstenu.
Je me rendis aux toilettes pour soulager un besoin pressant et au
retour je me suis arrêté pour l’observer discrètement, un long moment. Elle
égrenait sur l’écran de son appareil les photos que nous venions de prendre
et elle souriait, amusée. Je n’osais plus la rejoindre pour ne pas zapper
cette image que je voulais inscrire à jamais dans nos plus belles pages. Sa beauté
me fascinait et j’en avais les larmes aux yeux.
Reprenant place à ses côtés, je me suis liané à elle pour me gorger de son odeur, sentant déjà poindre à l’horizon le moment ultime où nous allions devoir nous quitter. Je le lisais également dans ses yeux vert océan, mais son sourire effaça en une vague de tendresse, l’écume de mes tourments.
Profiter de l’instant, encore, ne serait-ce qu’une heure, une minute, une simple
seconde, pour toute la vie…
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