Flambée des Sens
La neige est tombée toute la nuit sur Marseille et ce matin le jardin est couvert d’un épais manteau blanc qui noie le paysage dans du coton. Cela pourrait être agréable cette ambiance hivernale si seulement le chauffage n’avait pas décidé de se mettre aux abonnés absents. Le réseau ne répond pas non plus, probablement endommagé sous la masse anormale des cristaux de glace. Me voilà coupée du monde, et surtout de Lui !
Il n’a pas neigé comme cela depuis vingt deux ans et j’ai le sentiment que nous allons rencontrer d’énormes difficultés aujourd’hui pour circuler. Heureusement j’ai la chance de ne pas devoir sortir ce matin, et profiter de la chatoyante flambée que je viens d’allumer dans la cheminée. Je m’installe confortablement dans mon canapé placé juste en face, ma tasse de café brûlant entres mes mains glacées, pour réchauffer mes pensées.
Impossible de ne pas songer à ce que pourraient être ces longues heures où je vais rester bloquée ici, s’il avait été là. Si seulement il avait été là, devrais-je dire … J’entends le crépitement sourd des flocons de neige qui viennent mourir contre les vitres et je suis bien. Son texto illumine encore l’écran de mon mobile dont le réseau demeure par chance, toujours opérationnel. Ses mots comme autant de caresses subtiles flattent mes sens. Je ferme les yeux et les relis à voix haute dans ma tête.
Il était question de mon doigt, ou plutôt du sien si j’en juge par la manière dont il semblait le guider. Un doigt sensuel et coquin qui n’avait qu’un seul but, me visiter en toute intimité. Je pose mon café pour être sûre de ne pas le renverser et je reprends vite mes rêveries là où je les ai laissées. Ma main chaude glisse sous la ouate de ma robe de chambre dans laquelle je me suis emmitouflée avec délice en sortant du lit. Je croise au passage un mamelon agacé qui s’érige contre mon intrusion et déploie ses défenses avec arrogance. Je le cajole un moment pour le rassurer sur mes intentions et il finit par me délivrer un laisser-passer pour poursuivre ma route .
Mes doigts papillonnent contre mon ventre, tandis que d’autres mots enflamment mon esprit. Le texto, toujours lui … toujours Lui ! Il était également question que je m’offre avec docilité, à son insatiable gourmandise. Mes jambes s’ouvrent lentement en éventail, écartant les pans de ma robe de chambre. Je sens soudain la chaleur bienfaisante du foyer irradier ma peau. Je m’abandonne aux flammes du brasier que mes pensées attisent alors que du bout du doigt, je caresse la soie de ma fine toison.
Je me fonds dans les coussins et ce bien-être qui se répand jusqu’à la pointe de mes pieds. Mes mains effleurent l’intérieur de mes cuisses, mais je ne veux pas brusquer l’instant de la rencontre entre son doigt, et mon destin. La chaleur s’immisce discrètement dans les replis de mon sexe impudique. Je le sens. Pour m’en convaincre, je tente une approche et laisse glisser mon majeur le long de mes lèvres satinées. Je suis trempée ! Gorgée de ce désir pour Lui et le flot de ses mots qui me chavirent .
Mes pensées s’affolent sous le jeu de mes doigts qui déploient les pétales de ma rose pour en exhumer le petit bourgeon. Je le torture du bout de l’ongle pendant que me vient à l’esprit l’image de ta langue qui s’approche et s’applique à fouiller mon antre avec gourmandise. Je désespérais presque de ne plus la sentir dévaler ma fente dégoulinante de plaisir, et l’honorer avec ferveur. Mon ventre se creuse, tandis que mon bassin ondule sous le fantasme de ta bouche assassine. Je perds contrôle alors que tu prends celui de mes doigts qui s’activent dangereusement, prenant pouvoir sur mon intimité lubrique.
Je me masturbe comme une folle sous les assauts répétés de ta langue charnue. Mes doigts s’engouffrent dans ma grotte mielleuse, laissant libre cours à mon imaginaire qui se déporte entre mes fesses. Ta langue, je la sens maintenant pointer à l’entrée de mon petit orifice qui te réclame. Comme une chatte en chaleur je miaule d’impatience pour que tu décides enfin à sonder mon fondement. Je n’en peux plus et c’est mon propre doigt qui ouvre le passage.
La tempête sévit sous mon toit, encourageant par de violents coups de reins les allées et venues de mes doigts dans ma rosette. Mon sexe n’est pas en reste car de l’autre main je maintiens la pression sur mon clitoris. Comment vais-je pouvoir me sortir de cette situation alarmante sans laisser de traces ? Tant pis pour les débordements intempestifs, je tiens à savourer mon plaisir jusqu’au bout !
Je ne sais pas d’où va fuser l’orgasme qui se prépare, mais je suis certaine de le vouloir total. Je fouille avec entrain mes antres chauffés à blanc sans renoncer à l’un d’eux. Ils vont fusionner ensemble lors cette jouissance que je sens toute proche. Mon corps se cabre, foudroyé par un éclair extatique qui me consume de jouissance. Je tremble mais ne renonce pas encore sous le jeu de mes doigts incendiaires. J’ai l’impression que mon sexe rend l’âme lorsqu’un geyser tellurique vient éclabousser ma peau.
Je me vide au rythme décroissant des spasmes, souillant mon infini bien-être du fruit de mon abandon. Assagie, je referme doucement ma robe de chambre pour garder au chaud le partage de nos envies, en ce matin frileux. Je finis mon café en écoutant le crépitement du feu et celui des flocons de neige qui viennent mourir sur les vitres. La neige est tombée toute la nuit et me voilà coupé du monde.
Sauf de Lui …

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