Fenêtre sur Cour
Images volages d’un souvenir bain de soleil sur ta peau nue …
Je te revois, là, assise près de la fenêtre, savourant tranquillement ta cigarette. Mon regard s’enroule autour des volutes bleutées, tournoyant dans le courant d’air qui agite lentement le voilage entrouvert sur le monde extérieur. J’en profite pour immortaliser la scène, ce jeu d’ombre et de lumière qui habille ton corps et en fait le sujet de toute mon attention. Je pixellise ton sourire grimaçant qui témoigne d’un certain agacement en me voyant ainsi m’immiscer dans ce moment d’intime recueillement avec ta cigarette, et tes songes qui partent en fumée. Je lis déjà dans tes yeux ces heures passées à froisser les draps de notre lit qui ne ressemble plus qu’à un immense champ de bataille. Et au deuxième jour des hostilités, les stigmates du plaisir consommé creusent ton visage sans que le désir de poursuivre notre corps à corps, n’en soit affecté.
Je te mitraille encore, le temps que ton dernier souffle de nicotine se spirale dans l’atmosphère. Je repose l’appareil photo pour continuer à graver ces mêmes images, mais cette fois-ci dans les profondeurs inaltérables de ma mémoire. Je m’approche de toi et plonge mes mains dans l’amas brûlant des boucles en bataille. Tes cheveux sont gorgés de ce soleil qui soudain chauffe ma peau, et je jouis sans retenue de cette sensation de bien-être qui se déploie le long de ma colonne vertébrale. Je sens la pulpe de tes lèvres qui effleure mon ventre avant que ta joue ne vienne se poser tendrement, accompagnée de quelques notes de musique qui ponctuent notre étreinte d’un temps en suspension. Te tournant vers moi, tu plantes délicatement tes doigts dans le modelé de mes fesses, comme pour en estimer la fermeté. J’ai terriblement envie de Toi et je me retrouve déjà dans l’incapacité de dissimuler à tes yeux, les prémices d’une vigueur farouche.
Je viens doucement au contact de tes baisers que tu esquisses, sur le velouté de ma prune qui flatte tes papilles de ses effluves ambrées. Tu n’as qu’à pointer le bout de la langue pour récolter mes premières perles de nectar et ainsi raviver mon ardeur. Mes doigts éperdus de sensations folles au toucher de ta crinière, je m’abandonne petit à la magie de tes caresses. Le soleil se diffuse dans les pores de ma peau pendant que ta bouche apporte à mon intimité de subtils arguments qui ne font qu’accroître sa vigueur. Dans un éclair de lucidité, je remarque soudain des maisons en face et leurs fenêtres occultant peut-être des regards indiscrets. Mais rien ne peut plus altérer la fougue de ta langue qui dévale le long de mon vit bandé à l’extrême. Il roule sur mon ventre, entraîné par ta joue qui le pétrit comme de la bonne pâte.
Tu dévisages une dernière fois mon sexe sillonné de veines palpitantes, avant d’en gober les fruits avec gourmandise. Tes boucles se lianent à tes doigts qui s’affairent à présent tout autour de ma tige gorgée de sève. Tu joues de tes boucles comme autant de langues assassines pour torturer le bombé de mon gland. Je devine dans tes intentions une volonté sauvage de me pousser au-delà de mes limites. Mais je ne peux pas te laisser prendre l’avantage sur le temps qu’il me reste avant d’atteindre le point de non retour. Je t’arrache à mon sexe barbouillé d’envie, dont tu ronges le frein pour mieux me propulser vers l’abîme du renoncement. Je te hisse jusqu’à mes lèvres qui se soudent aux tiennes pour t’empêcher de protester. Et pour éviter toute contestation, je plonge ma langue tout au fond de ta gorge …
Je calme ta fougue sous mes baisers rassurants afin de reprendre notre étreinte là où nous l’avions laissée, avant que tu ne goûtes au fruit défendu. Je m’imprègne de ton souffle tiède qui balaie mon visage, quand je te sens prête à passer de l’autre côté du miroir, où tout ne devient que déraison. Tes seins affirment leur position dominante en pointant leur arrogance contre mon torse, mais je profite une fois encore de tes courbes, pour venir y imbriquer les miennes à la perfection. Cette vision de l’extérieur m’obsède, tout comme le soleil qui réchauffe le creux de tes reins que je caresse du bout des doigts. Tu n’as probablement rien remarqué de tout cela, trop absorbée par une autre vision, tout aussi obsédante. D’un geste fluide, je te fais virevolter sur la pointe des pieds, et avant même que tu te poses de nouveau la question du pourquoi, je plante mes dents au creux de ton épaule !
Mes dents gravent sur ta peau les marques furtives et gourmandes de mon ascension le long de ta nuque que tu m’abandonnes en chassant tes boucles d’un revers de tête. Je déguste du bout de la langue les perles salées qui sillonnent mon chemin vers l’extase, m’enivrant du parfum de ta peau encore imprégnée des fragrances de nos joutes nocturnes. Je m’imbrique lentement dans les interstices de ton corps qui se veut le complément parfait du mien. Mon ventre rond se fond au creux de ta cambrure, comblant de ma vigueur le val luisant de ta croupe légère. D’une caresse digitale, je redécouvre en aveugle la courbe de tes hanches, puis le cintre de ta taille autour de laquelle j’ancre délicatement mes mains. Je devine, baigné de lumière, l’arc de volupté que forme ton corps sous la brûlure de mes baisers, et j’aimerais que cet instant fugitif se fige pour l’éternité …
Le soleil inonde ta peau de son fluide incandescent alors que je te sens onduler doucement contre mon sexe qui se redresse dans la confusion des divines sensations que tu me procures. Tu mets sournoisement à rude épreuve ce qu’il me reste de patience pour ne pas succomber à l’envie de lâcher les brides de cette bouillonnante vigueur que je retiens comme un cheval fou. L’étalon se cabre tandis que tu te cambres, m’exhibant ta croupe avec outrecuidance. Je te ramène à moi en refermant mes mains sur tes seins moelleux qui se balancent au vent de notre étreinte. Je jubile une fois encore de pouvoir en palper les mamelons généreux qui se tendent avec fermeté entre mes doigts. Caresser ta poitrine, c’est déjà prendre une option pour le paradis !
Rien ne saurait remplacer cette jouissance indélébile gravée à jamais dans la profondeur de mes paumes, écrivant ainsi les plus belles lignes de mon destin. Tes brunes airelles roulent entre mes doigts comme de petits galets sur la grève d’un ressenti qui m’entraîne à la dérive. Je me gorge de tes soupirs qui se font de plus en plus haletants, cherchant de mes lèvres une bouche improbable. Le rideau flotte dans le courant d’air qui effleure nos peaux chauffées à blanc, et dans un éclair de lucidité je constate que tu viens de prendre appui sur le rebord de la fenêtre. J’abandonne tes seins avec regret, mais la vision de tes reins qui se creusent comme un appel au meurtre me font vite oublier mon infortune. Je ne peux m’empêcher d’imprimer les sillons fugaces de mes ongles tout le long de ton dos, jetant des étoiles filantes dans ton ciel parsemé de taches de rousseur. Je renverse les dernières barrières qui me mettaient hors d’atteinte de ta beauté sauvage qui se liane à mon esprit comme la pire des obsessions, et je me précipite sans plus attendre dans la voie de la déraison.
Je saisis l’arrondi de tes hanches, plantant mes pouces dans le galbe tendre de ton fessier. Mon regard plonge dans les méandres de ton intimité qui se dévoile dans l’impudeur du désir violent qui t’anime. Il n’a d’égal que le mien et mon sexe que je brandis dans ton dos, avide de cris rauques et de pénétrations profondes. J’empoigne mon braquemart que je pointe entre tes fesses pour donner l’assaut, sans toutefois chercher le pourfendre. Je veux juste te donner un avant-goût du velouté de mon gland lorsqu’il flirte avec ta chair. Juste déposer mon nectar au bord de ta corolle, avant de venir féconder ta fleur. Tu t’agenouilles sur le petit meuble qui jouxte la fenêtre et m’imposes ton antre béant de désir que je me dois à présent de combler. Je glisse entre tes lèvres soyeuses qui se dérobent dans un bruissement mielleux et je m’enfonce en toi dans en élan voluptueux qui me donne le frisson …
Je garde le cap tandis que l’horizon se dégage devant mon regard embrumé, tout en découvrant que tu es passée dans une autre dimension, celle de l’extérieur où tu prends le large ! Comment ne pas déceler notre présence alors que tes seins narguent le voisinage et que ton visage tangue au milieu du roulis de tes boucles folles ?
Mais cette réflexion n’a aucun intérêt car l’heure n’est plus à la logique cartésienne d’un monde à trois dimensions. Il faut y inclure également la nôtre, faite de râles et de coups de reins qui claquent et résonnent au tempo tribal d’une musique universelle. Je contemple mon pieu qui ravine ton antre et te propulse vers les cieux au rythme sans défaillance d’une mécanique bien huilée. Je te sens sur le point d’abdiquer, écartelée entre l’envie de crier le Non de la perpétuité, ou celle d’affirmer le Oui ! du renoncement …
Cambrée au-delà du raisonnable pour ne rien perdre du frisson qui se répand dans les fibres suaves de ton intimité, tu accompagnes avec allégresse le va et vient obsessionnel de mon vit qui taraude ton antre avec acharnement. Abandonnant soudain le chambranle de la fenêtre, tu viens chercher la brûlure d’un baiser que je consume sur ton épaule. Cloué au plus profond de ton ressenti, tu t’imprègnes de palpitations de ma vigueur que tes chairs ventousent sournoisement dans l’espoir d’en extraire la sève. Je capture tes seins moites pour les modeler à l’image d’une sensation que je dois exprimer dans l’urgence, cocktail détonnant de douceur et de fermeté qui dynamite mes sens.
Tu fais corps avec l’animalité de mes caresses qui dévastent ta perception du monde et nous projettent dans le trouble de l’inconscience. Je pénètre dans la zone rouge de mes dernières ressources, transcendé par le jeu subtil de nos peaux qui glissent l’une contre l’autre. Ta croupe qui dodeline avec insolence au bout de ma queue va bientôt me faire disjoncter ! Je passe en mode surchauffe, tandis que tes mamelons s’allongeant comme des frites roulent entre mes doigts. Et toujours ce fichu rideau qui flotte devant mes yeux et dévoile par intermittence nos ébats. Mais je m’en fiche à présent, espérant même qu’un regard indiscret se fasse le témoin de notre étreinte fusionnelle.
Mon souffle balaie tes boucles humides alors que mes mains se dirigent en coulée de lave incandescente vers ton ventre qui se creuse, tremblant. Je m’infiltre dans la douce broussaille de ta dune, à la recherche du plus discret des émois. Je le découvre enfin, encapuchonné sous la soie de tes fines draperies gorgées d’envie. Il saute d’un bond sous le bout de mon doigt qui le libère d’une caresse appuyée. Le voilà qui se dresse avec fierté pour réclamer d’autres attentions. Il est si joueur, et j’adore m’amuser avec lui …
Mais cette fantaisie est loin d’être du goût de sa maîtresse qui piaffe d’impatience, tout en lâchant de longs râles gutturaux. Mes doigts s’électrisent au contact de ma hampe que j’effleure par mégarde et que je sens coulisser entre tes lèvres tendues, actionnée par un mouvement perpétuel que je ne domine plus. Je palpe mes bourses lisses qui claquent contre ton petit bouton à chacune de mes ruades. Je me dis qu’à présent il faut en finir avec ce tour de manège qui me propulse au bord du gouffre, sans jamais m’y précipiter totalement. Je me redresse et empoigne tes hanches, t’assénant un coup de rein explicite pour que tu t’accroches de nouveau au chambranle de la fenêtre. Je serre les fesses pendant que j’écarte les tiennes, afin de jouir d’une vue imprenable sur le va-et-vient truculent de mon phallus au cœur de ta tourmente.
Tu avales mon membre dans un chant gourmand des plus excitants, déglutissant mon ardeur enrobée de tes délices ambrés. Je joue de mon gland barbouillé de miel sur le rebord de ta vulve anémone, flirtant aux limites de ton point de non retour. C’est de là que tout va partir, je le sais bien. Ce contact léger et furtif entre le velours de ma prune et la soie de tes lèvres. Une douce torture pouvant engendrer le chaos d’un séisme qui se manifeste déjà, imperceptiblement, dans les méandres de ton esprit. Tu t’abandonnes dans l’oubli d’un plaisir qui s’écoule de tes lèvres et ruisselle sur ma peau, avant même que viennent t’ébranler avec violence, les répliques indissociables de ta troublante jouissance …
Tes mains se crispent sur le chambranle et tes râles deviennent feulements, prémices de la déferlante dans laquelle je vais me laisser entraîner avec toi. Plus question de tergiverser, je me rue dans le brasier de ton antre, te pilonnant avec rage pour ne rien soustraire à la folie de nos actes et te rejoindre dans la confusion de notre Entité extatique. Dans un dernier sursaut d’envie, je plante mon pouce dans ton cul pour mettre le feu aux poudres et pulvériser la dernière barrière qui me sépare de l’absolu. Tu te cabres dans le grondement de l’orgasme qui ravage ton tes sens et me pieuvre sans me laisser d’autre choix que celui du renoncement. Je m’embrase avec ferveur tandis qu’un torrent de lave jaillit au plus profond de ton antre au rythme endiablé de saccades incontrôlées.
Je me vide de toute ma substance, me fondant en spasmes telluriques dans le velours de ton volcan. Notre jouissance se mêle dans le même cri, que ton ventre couve avec bienfaisance. Mes ultimes coups de reins accompagnent tes dernières répliques qui se dissipent au fil de mes caresses le long de ton dos perlant de sueur.
Je te garde en moi, douce sensation du miroir de la réalité …

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