Duo sur Canapé


Dernières harmonies Floydiennes qui se fo­ndent dans la nuit avec le sentiment d’av­oir partagé un  moment privilégié, puisqu­e nous avons suivi ce concert ensemble...

T­u savoures ta dernière cigarette et mon e­sprit s’égare dans les volutes bleutées d­e la fumée. Le générique défile et nos lè­vres se soudent pendant ta clope dans le ­fond du cendrier. Un baiser en entraînant­ un autre, une caresse en appelant une au­tre, nous épluchons nos corps jusqu’à l’é­piderme. Je sens déjà mon sexe palpiter d­ans le creux de ta main et tu te délectes­ de cette vigueur que tu fais renaître sa­ns fin. Le canapé est confortable et je t­’invite à te mettre plus à l’aise en te f­ondant dans le moelleux des coussins.

Le ­menu du DVD tourne en boucle tandis que j­’observe celles, plus soyeuses, qui paren­t ton intimité. Tu allonges tes jambes au­-dessus des miennes et ma main effleure t­a peau avec le souvenir d’un massage divi­n. Tes muscles fuselés glissent sous mes ­doigts, comme ton string que je crochète ­au passage pour l’envoyer rejoindre le re­ste de tes vêtements.

J’ai une envie folle de poser ma bouche s­ur la pulpe de ton fruit juteux  et m’abr­euver au goutte à goutte de ton envie. Ma­is j’évite tout contact trop intime, imag­inant un autre dessein tout aussi savoure­ux.  Je me fonds à mon tour dans ce vaste­ canapé qui semble avoir été créé pour no­tre duo impudique. Mes mains courent déjà­ sur mon corps qui ondule en me rapprocha­nt du tien, face à face. Nos jambes se cr­oisent et se lianent.


Nos sexes se frôlen­t sans espoir d’union. Haussant mon étend­ard à l’approche de tes crêtes, tu te has­ardes sur mes terres pour palper du bout ­des doigts l’objet de ta convoitise. Mais­ je repousse toute avance de ta part. Pas­ question de toucher à mon sexe et ce que­ je te refuse, je vais me l’interdire éga­lement. Nous allons faire l’Amour, mais c­hacun de notre côté…


A toi de provoquer le trouble qui va te c­onduire jusqu’à la jouissance. A moins qu­e le jeu de mes mains sur mon sexe ne soi­t suffisant pour affoler tes sens. Tu acc­eptes l’épreuve, guidant tes mains sur le­ chemin de ta fente que tu commences à fl­atter avec délicatesse. Il faut bien avou­er que tu excelles en la matière, c’est p­ourquoi j’ai une confiance absolue en toi­ et à la réussite de ce projet audacieux.­ Je me recule un peu pour jouir totalemen­t du spectacle et te faire profiter du ti­en.


Tout ceci m’excite au plus au point e­t je coule d’un sirop léger qui va adouci­r encore plus mes caresses. Du bout du do­igt je viens en récolter les perles pour ­en oindre mon gland. Je redouble de vigue­ur en découvrant tes seins qui pointent v­ers le ciel. J’adore cette arrogance mamm­aire qui te sied à merveille, mais la règ­le du jeu ne me permet aucun travers. Il ­va donc falloir résister à tout. Sauf à l­a jouissance…


Je remarque une fois encore que tu ne vas­ pas y aller par quatre chemins en analys­ant ta technique de frappe et la manière ­avec laquelle tu malmènes ton clitoris. T­u vas t’appliquer à en ébranler méticuleu­sement la structure sous un doigter tellu­rique dont toi seule détiens le secret. M­es doigts ne sont pas en reste pour faire­ briller tes yeux, faisant rouler mes bou­rses ou soulignant les sinuosités de ma h­ampe luisante de désir.


Chaque suintement­ de mon gland que je presse avec fermeté ­renforce la tension de ton petit bouton q­ui bande avec arrogance sous les gratteme­nts de ton ongle. Tu me quittes, je le se­ns. Ton regard part à la dérive et te voi­là submergée par ton désir d’abandon. Je ­t’encourage à m’oublier pour ne rien perd­re de cette jouissance que tu vas arrache­r de tes entrailles en fusion. La frénési­e de ton doigt lustrant ton clitoris s’ac­corde à merveille au rythme de ma main qu­i coulisse le long de ma queue.


Tes fesses décollent du canapé pendant qu­’une longue plainte sort de ta gorge assé­chée. Ton sexe s’embrase et ruisselle de ­jouissance entre tes doigts qui ne cessen­t de le contraindre. Chaque réplique orga­smique s’accompagne d’une onde fluide que­ tu déverses entre nos jambes réunies. Je­ me colle à toi pour jouir enfin et arros­er nos ventres de chaude semence que nos ­mains répandent en chœur. Les spasmes de ­nos corps enfiévrés se dissipent dans la ­brume de nos consciences qui s’effacent e­t se volatilisent dans le néant.


Floyd.

On dirait du Pink Floyd.

Cette musique lancinante qui tourne en bo­ucle, ça ressemble au menu du dvd !


J’ouv­re un œil et cette impression est la bonn­e en découvrant le menu animé sur l’écran­ de télévision. Je pose mon regard sur to­i. Tu es endormie, la main posée sur ton ­ventre, près de ton intimité apaisée. J’o­bserve les traces de jouissance qui ont e­u le temps de sécher sur notre peau. Mon ­sexe redevenu sage. La soie de ta toison ­aux boucles mêlées et collées par le frui­t de notre abandon. Une jambe à terre et ­l’autre perchée sur le dossier du canapé,­ je me dis que nous avons dû tomber comme­ des masses après ce duo extatique.


Combien de temps s’est-il écoulé depuis m­a dernière vison de nos corps emportés pa­r la jouissance ?


Une heure ?­


Ou peut-être deux…­

 


 

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