L'escalier
Qu’il fait bon ce soir et cette douceur estivale qui caresse nos visages en sortant du restaurant est fort agréable. Nous venons de partager un plateau de fruits de mer avec pour horizon l’océan de tes yeux verts. Alors qu’espérer de mieux comme soirée ? Peut-être une nuit à t’Aimer ou un bon massage parfumé au thé blanc pour te décontracter. Et pourquoi pas les deux …
Passant mon bras autour de ton épaule pour te rapprocher un peu plus de moi et faire les quelques pas qui nous séparent de la voiture, je pointe le nez en l’air pour observer la pleine lune qui enveloppe de son aura d’autres silhouettes clairsemées. Elle est bien ronde cette nuit et …
Nom de Zeusss !!
J’en aperçois une deuxième juste à côté. Puis une troisième, une quatrième et en final toute une rangée. Je me dis dans un premier temps que j’ai probablement dû forcer sur le rosé, ce qui est la stricte vérité, mais de là à halluciner de la sorte il y a encore de la marge. Les cellules de mon cerveau cartésien s’activent plus rapidement que pour la résolution d’un sudoku et je comprends soudain qu’il s’agit tout simplement de sphères luminescentes qui se balancent sur les câbles d’une ligne à haute tension …
Nous voilà arrivés à la voiture que je n’ouvre pas. Je préfère te serrer contre moi pour te couvrir de baisers éphémères, comme ceux qui tourbillonnent dans la lumière des lampadaires et meurent par dizaines sans avoir connu le goût de ta peau. Mes mains se font légères, à l’image de ta robe que je relève discrètement pour palper le velours de tes fesses. Des d’jeunes qui traînent à l’autre bout du parking nous apostrophent gentiment en constatant qu’il y a des vieux qui ne s’embêtent pas et que ce n’est plus de notre âge de se bécoter ainsi.
Mais je m’en fiche et je te colle davantage pour que tu mesures à quel point j’ai envie de toi. Nos langues se limacent et nos corps se lianent dans une étreinte sauvageonne. L’espace d’un instant j’ai le sentiment que tout va basculer et toi en particulier, sur le capot de la voiture. Ca ne sera pas la première fois tu me diras mais l’endroit est loin d’être désert. Je trouve les ressources pour me détacher de ton corps qui me tentacule et actionner l’ouverture centralisée des portes, ce qui est en soi un exploit !
Nous prenons place rapidement et accrochons nos ceintures. J’arrive même à glisser la clé de contact pour démarrer, malgré le désir grandissant qui me fait légèrement trembler. Il ne doit y avoir qu’un kilomètre ou deux pour rejoindre l’hôtel et nous devrions pouvoir tenir jusque là …
A peine sortis du parking nous rencontrons le premier feu rouge, au croisement de la nationale. Tu poses ta main sur ma cuisse et j’attends avec impatience le passage au vert. Une belle ligne droite nous guide vers le centre ville et voilà de nouveau un feu rouge !… Je regarde distrait les passagers de la voiture voisine et c’est à ce moment très précis que tu déboucles ma ceinture de sécurité et fais sauter les boutons de mon jean. Il commence à faire un peu chaud tout à coup et je sens la sueur perler sur mes tempes. Tu extirpes tant bien que mal mon membre de sa gangue de toile pour l’empoigner comme mon levier de vitesse que je passe en première. Je vire au vert en même temps que le feu et appuie sur le champignon avant que nos voisins s’aperçoivent que tu es penchée sur moi à lécher le mien, couvert de rosée …
Je me concentre sur la route à suivre, ce n’est plus bien loin ni compliqué, mais j’avoue que tu as des arguments en béton pour brouiller mon GPS. La première à gauche et nous y sommes ! Je sens la chaude caresse de ta bouche qui coulisse le long de ma verge et je dois bien reconnaître que c’est divin … Enfin le dernier feu en vue avant le parking de l’hôtel et je souris en pensant que tu m’as bien eu cette fois-ci. Mais le feu passe à l’orange et …
Nom de Zeuussss !!! ( bis repetita )
Au moment où je me dis que je vais me le faire un peu tiré sur le rouge ce p’tain de dernier feu, j’aperçois deux fourgons de CRS garés de l’autre côté de la rue avec tous les occupants prenant le frais sur le trottoir. Je freine sans toutefois piler et m’arrête sagement au feu qui vient de passer au rouge. Soudain me vient à l’esprit l’alcotest et le marqueur qui devrait virer plein pot au rosé avec ce que j’ai descendu. Mais ta langue qui joue avec mes bourses me ramène à une autre réalité. C’est que tu es en train de me faire une fellation de la mort qui tue au volant, et que c’est fully forbidden !!
Un œil rivé sur le feu tricolore dont je ne sais même plus quelle couleur apparaît après le rouge et l’autre sur les CRS qui se baladent en reluquant vers nous, je commence à avoir des chauds et froids. Je te fais le topo de la situation en prenant bien soin de poser ma main sur ta tête dans le cas où tu aurais décidé de jeter un coup d’œil. Mais tu sembles bien trop occupée à me grignoter le gland pour enregistrer quoi que ce soit. Le feu passe au vert … c’est ça, c’est le vert ! Et je redémarre pour faire les dix mètres qui mènent à l’entrée du parking. Quand je pense qu’ils ont choisi de se garer juste devant l’hôtel, j’le crois pas !
Je mets mon clignotant et disparaît enfin dans le parking privé, soulagé d’être sorti indemne de cette situation périlleuse.
Enfin indemne …
La nuit ne fait que commencer !
Le parking est désert et je me gare le long du mur qui jouxte un petit immeuble qui nous fait face. L’arbre de Noël du tableau de bord s’éteint et je constate avec horreur que nous y voyons comme en plein jour. Autant dire qu’il y a beaucoup mieux pour préserver notre intimité et je songe à notre chambre douillette aux bougies parfumées qui nous attend les draps ouverts. Crachant le morceau, tu décides de relever la tête, un nuage d’écume au bord des lèvres. De ton œil perspicace tu remarques que nous ne roulons plus, ce qui prouve un certain degré de lucidité. Je remballe mes outils pendant que tu périscopes les alentours pour voir où nous sommes. Un peu d’air frais ne va pas nous faire de mal et vite te redonner le sens de l’orientation. Nous récupérons nos petites affaires abandonnées sur le siège arrière et prenons la direction de l’entrée située à l’arrière de l’hôtel. Comment décrire ce qui colmate nos neurones à cet instant précis, sauf peut-être en concluant par le fait que tout ceci est très … Space !
En moins de dix minutes nous sommes passés par toute une gamme de situations cocasses dont le seul leitmotiv soit l’envie fulgurante de l’Autre. Elle s’affirme davantage dès que nos regards se croisent et affichent le danger permanent d’une pulsion qui pourrait nous entraîner vers une totale déraison. Mais nous ne sommes plus très loin du but … Bras dessus bras dessous nos pas craquent sur le gravier en nous approchant de la lumière crue de l’entrée de l’hôtel. Je distingue soudain un autre passage qui ne mène nulle part. Un coin sombre, sans issue apparente, terminé par un escalier qui se perd dans la nuit. Un flash traverse mon esprit et avant même que j’en décrypte le moindre sens, je dévie notre route et te pousse vers l’inconnu. Même pas le temps de la surprise et te voilà déjà les mains plaquées contre une porte branlante et poussiéreuse. Tu viens juste de comprendre et expires avec docilité : « Je vois … ».
Non tu ne vois pas que je déboutonne mon jean afin de libérer ma queue qui n’a pas débandé depuis que ta bouche l’a quittée. Je soulève ta robe et la remonte sur ta lune opaline, pleine de générosité. J’ai toutefois un dernier obstacle à franchir mais il est si mince qu’il ne devrait me poser aucun problème. J’écarte légèrement ton string pour dégager la voie de ton intimité ruisselante de désir. Palpant du pouce ton œil de velours, j’enrobe ma prune de salive pour en lisser le bombé et la dirige juste dessous afin de ne pas commettre d’impair, ce qui ne serait pas pour te déplaire … Mais pour l’heure, c’est au creux de ta fente que mon gland vient trouver refuge. Je te pénètre lentement jusqu’au … jean, que je n’ai pas totalement ouvert. Je devine tes chairs se dérober face à ma vigueur qui se fond en toi, t’arrachant au passage un premier râle de contentement qui me fait frissonner …
Bien que mon membre trouve enfin sa place bien au chaud tout au fond de ton antre, je suis frustré de ne pas ressentir les sensations habituelles. Mon ventre qui s’échoue sur la grève de tes fesses à chaque vague de plaisir et mes bourses qui roulent sur ton petit galet. Je fait sauter fiévreusement le dernier bouton pour venir enfin au contact de ta peau et sentir mes poils se friser aux tiens. Je m’ancre à tes hanches pour donner du rythme à la valse de mes reins. Dans ce va et vient sans relâche au cœur de ton creuset chauffé à blanc, le frottement de ton string le long de ma tige me rend dingue. Cette maudite porte qui claque à chacune de mes ruades ne va pas tarder à réveiller le quartier. Je scrute les fenêtres voisines en espérant presque découvrir un voyeur alléché par notre éteinte. Je te pousse vers le bord du mur pour atténuer le choc contre la porte, dévoilant ainsi notre situation des plus instables. A quelques mètres de là il y a la rue, le trottoir et les passants qui ne se rendent compte de rien. J’ai déjà oublié les CRS …
Mon pouce vient crocheter ton string pour l’éloigner définitivement de notre terrain de jeu. Je te culbute avec entrain, tout en admirant un rai de lumière ambrée qui effleure ta croupe soumise à la moindre de mes folies. Rien ne peut plus m’arrêter. Surtout pas le fait de te baiser ainsi dans la rue, ou presque. C’est irréel et superbe à la fois, point d’orgue de l’interdit. Je ne redoute même plus d’être surpris en flagrant délire d’étreinte sauvage sur la voie impudique de la jouissance absolue. Je te baise et je vais te baiser jusqu’au bout ! Cette folle excitation ruisselle le long de nos cuisses et soudain tu te contractes, sentant peut-être que je vais bientôt venir. Tu me fais le coup du siècle, l’arme fatale dont toi seule détiens le secret !
Tu me retiens tout au fond de ton antre, bloquant mon mouvement pendulaire entre tes fesses qui se referment comme un étau. Je connais la technique, je suis perdu et je n’ai plus qu’une chose à faire, me cramponner ! Tu réclames à présent ma tête, décidant que je me suis suffisamment amusé avec mon agace-cul. Je me crispe et grimpe sur la pointe des pieds avec un rictus que tu as de la chance de ne pas découvrir. Tu vas me faire grogner, c’est certain … J’explose et te remplis de mon foutre au fil de salves interminables qui se meurent dans mes cris étouffés. Tu jouis après moi, répliquant sur le même thème de l’extase. Mais c’est loin d’être fini et j’ai droit au fameux coup du tube de dentifrice !
Pris au piège de ton sexe aux multiples ramifications, tu m’entraînes dans un gouffre où j’ai l’impression de me dissoudre comme une sucrette. A l’apogée de l’aspiration vers le vide, tu lâches prise et me lamines lentement les sens, comme pressé par une force inconnue, mais bien réelle. C’est là que je me sens vidé, enroulé comme un tube de dentifrice dont on veut récupérer le contenu jusqu’à la dernière goutte. Je chavire, je sombre, je comate … et je jouis une seconde fois ! Les palpitations de nos sexes se confondent avec celles de nos cœurs qui battent la chamade et je crois bien qu’à défaut des CRS, c’est du SAMU dont je vais avoir besoin !
Je reprends mes esprits sur ton épaule, ébranlé par cette étreinte urbaine sur fond d’escalier. Le parfum de ta peau m’enivre encore. Effluves d’une jouissance consommée qui s’écoule au goutte à goutte de notre passion. Ta nuque est trempée, tout comme ta vulve qui se contracte le long de mon membre qui l’abandonne. Je réajuste ton string et baisse ta robe, mettant fin à cette pulsion d’une nuit de pleine lune …
Tu te retournes et m’annonces de ton regard félin :
« Suce-moi ! ».
Me prenant par la main tu me conduis vers l’escalier miteux menant je ne sais où. Je me demande bien ce que tu peux avoir en tête alors que tu commences à gravir les marches grinçantes jusqu’à mi-hauteur. Tu virevoltes et poses tes fesses dans la poussière, sans prendre garde une seconde à ta robe blanche que tu vas souiller. L’heure n’est plus aux délicatesses mais à l’inextinguible envie qui te ronge le bas du ventre et que tu me dévoiles en relevant ta robe. Tes jambes s’ouvrent en éventail pour que rien de ta superbe ne puisse m’échapper. Je jouis de ce spectacle inouï que m’offre le contraste de ta peau opaline sur fond de décor glauque. Je m’approche dans le recueillement et viens m’agenouiller à tes pieds, pour la plus suave tes prières …
Je sais que je vais me jeter sur toi d’un instant à l’autre pour obéir à ton ordre. Mais je prends le temps comme toujours de te graver dans ma mémoire pour me convaincre que je ne rêve pas. Mes mains effleurent le satin de tes cuisses pendant que je scrute chaque détail de ta peau que mes yeux sont capables d’arracher à la pénombre. Mes doigts se rejoignent sur le bombé de ta motte que je palpe du bout des pouces. Ton string est imprégné de tant de jouissance passée et présente qu’il ne peut tout absorber. Je m’amuse à en répandre les traces tout en prenant soin de lisser chaque sillon de ton intimité, qui en fait tout le charme. Il est grand temps de passer aux choses sérieuses car je sens bien que tu t’impatientes. J’agrippe le fin triangle de dentelle que je fais rouler le long de tes jambes interminables puis le glisse en boule dans ma poche de jean …
Je plonge mon nez dans la flore luxuriante de ton sexe avide de jouissance. Je m’imprègne à satiété des effluves parfumée de ta vulve fleurie. Perdu dans la broussaille humide de ta toison, j’enfonce ma langue dans ton antre ruisselant d’envie. Tu rugis et t’abandonnes sans retenue, t’échouant de tout ton long sur les marches insalubres. Bon sang ! On va faire dans le trash ce soir !!
Nous voilà dans l’urgence, l’inconfort et le délire total. Trois raisons de mordre à pleines dents dans cette aventure gastronorgasmique ! Je n’ai qu’à me focaliser sur toi et ton abricot velouté qui fond au contact de ma bouche. Un monde suffisamment petit pour que je le balaie d’un revers de langue et tellement immense par la jouissance qu’il me procure. J’ouvre ton joli fruit chaudes pour te fouiller de fond en comble et savourer sans aversion nos jouissances mêlées et m’en abreuver à grandes lapées. Les lèvres écumantes je te broute avec gourmandise, suçant ton noyau à m’en faire exploser les papilles …
Premier renoncement de ta part qui fuse au fond de ma gorge en répliques sirupeuses. Je te laisse grogner sans relâcher la pression de ma langue sur ton petit bourgeon. Je le sens redoubler de vigueur et d’arrogance entre mes dents prêtes à le dévorer. Je pourrais te porter un coup fatal, mais il est encore trop tôt pour en finir. Je délaisse ton sexe béant de désir et d’attente pour observer les ondulations de ton corps. Tu es si belle à te tordre de jouissance dans la poussière. Je passe ma main sur la bouche pour effacer les traces de ce miel âpre dont je raffole. Tu sens bon le foutre, le tien et le mien que je lèche sur mes doigts. Sans hésitation aucune, je les plonge dans ta chatte brûlante pour en attiser les flammes. Ta vulve glousse durant les allées et venues chantantes de mon duo majeur et ma mise à l’index qui te rend folle. Tu es ma chose, l’instrument d’une œuvre unique dévolue au plaisir absolu. Je flirte avec ton œil de velours tandis que mon pouce lustre avec délice ton petit d’homme. Mais il y a mieux comme caresses. Les tiennes …
Je t’invite sans détour à prendre le relais et t’occuper de ton clito. Tu sais si bien le faire et j’ai tant appris de tes petits secrets masturbatoires. Le geste est précis, chirurgical, et tu ne vas pas perdre de temps à l’échauffement. Je te contemple pendant que j’introduis discrètement mon majeur dans ton fondement. Tu miaules en faisant le dos rond sous tes propres coups de griffes. Je te lime avec entrain, sentant mes doigts glisser l’un contre l’autre tout au fond de tes antres. Possédée tu l’es, par le démon et par moi qui te pique de son trident lubrique. Quand je te regarde te masturber, je sais exactement à quel moment tu vas jouir. Nous n’en sommes plus très loin et j’attends le tout dernier moment pour t’arracher à la frénésie de tes caresses et plaquer ma bouche sur ta chatte.
J’attrape tes mains en aveugle. Tes mains qui se tendent vers l’infini d’une jouissance que tu ne peux retenir. Tu décharges dans ma bouche et m’emplis d’un flot de miel ambré. Ma langue te mandibule avec appétit, jusqu’à la dernière goutte de ce plaisir que tu déverses dans ma gorge. J’Aime te boire et te manger. J’Aime me nourrir de Toi. De tout de Toi …
Tes répliques incessantes finissent par se calmer dans le silence de la nuit. Nos sens à la dérive retrouvent le droit chemin de sensations plus terriennes, plus humaines. Je reste encore un long moment à humer ton sexe au parfum de musc. Il m’enivre, m’envoûte, capte mon esprit et renforce mon désir. Ce désir qui revient au galop, sans arrêt. Cette envie de me fondre en Toi et me perdre, pour mieux me retrouver.
Tu ajustes ta robe maculée de traces immondes et nous récupérons nos affaires abandonnées dans la poussière. Bras dessus bras dessous nous gagnons l’entrée de l’hôtel et filons vers le premier étage. Je ne peux m’empêcher de poser ma main sur tes fesses au passage et je sens que tu as du mal à finir de monter les dernières marches de cet autre escalier. Arrivé le premier à la porte de la chambre, je plonge la main dans ma poche pour en tirer la clé. Mais c’est un chiffon de blanche dentelle que j’exhume le sourire aux lèvres. Tu es encore loin dans le petit couloir car les derniers mètres semblent difficiles à franchir. J’aperçois soudain au-dessus de ta tête une caméra de sécurité sur laquelle le gardien de nuit n’a pas manqué de zapper j’espère. Alors dans une dernière bouffée délirante, j’agite haut et fort ton string comme un drapeau blanc.
Tu l’avais certainement oublié, moi aussi …

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