Il est bien trop tôt
« Il est bien trop tôt … » me dis-je en ondulant des reins, agacé par ce phénomène récurrent qui tente chaque matin d’abréger mon sommeil. Imperceptiblement, je creuse le drap froissé de cette renaissance qui cherche son chemin le long de mon ventre, mais j’enfouis mon visage dans l’oreiller pour ne pas sortir de la nuit. Le réveil ne doit sonner que dans une heure au moins, et me voilà à dodeliner de la croupe pour laisser mon ardeur prendre la place qui lui revient. Une vigueur telle que cela m’oblige à rouler sur le dos pour lui donner de l’envergure. La contrainte s’allège quelque peu mais l’afflux de sang au cœur de ma verge qui se dresse sous le moelleux de la couette sonne le glas de mon repos. J’essaie de l’oublier en vain, pour savourer les quelques minutes qu’il me restent avant que le cri strident de l’alarme ne vienne mettre définitivement fin à ma nuit.
Hélas, mes mains glissent déjà le long de mon corps alors que je m’étire langoureusement à la manière d’un chat en quête de cajoleries. J’effleure ma peau du bout de mes songes et me redécouvre lentement, sous la pulpe digitale de mes caresses subtiles. Encore plongé dans un demi-sommeil peuplé d’envies, des images prennent forme dans mon esprit. Des mains qui ne sont plus les miennes, remplies de cette espérance que j’ai de les sentir se poser sur ma peau brûlante de désir. Je m’abandonne aux traits esquissés de mes ongles qui parcourent mon épiderme qui se framboise, retenant mes soupirs au creux de mes lèvres avides de baisers.
Sensations divines de mes doigts contournant soigneusement mes aréoles brunes tandis que dardent en leur centre, mes mamelons bandés d’impatience. Je me cambre de délice, forçant mon membre à se frotter contre la couette et abuser de sa texture, ravivant plus que de nature mon excitation grandissante. Mes mains s’égarent le long de mes cuisses qui se dérobent discrètement, ouvrant la voie de ma tendre intimité. Je palpe mes bourses soyeuses qui fondent sous mes doigtés et je m’amuse à les pincer et les étirer dans la limite du raisonnable, juste pour sentir mes prunelles fuir devant l’adversité.
Je les enrobe enfin d’une douce tiédeur, refermant délicatement ma main sur mes précieux bijoux. Sentir mes bourses fraîches au creux de ma paume n’est pas fait pour calmer le jeu, bien au contraire. Je redouble de vigueur jusqu’à ressentir sur mon ventre les palpitations de ma verge qui bat sa démesure. Ce corps qui réagit sous le moindre de mes attouchements ne semble plus m’appartenir. Je me plais à attiser son excitation et en déchiffrer les stigmates. Ce n’est plus ma main qui le guide vers le trouble mais la tienne, tant désirée. Alors que j’hallucine en devinant ton intimité déferler en longues vagues de jouissance au contact de ma bouche, j’effleure la sinuosité des veines de mon membre frustré.
Les lèvres asséchées, je balaie ma soif d’un revers de langue imprégnée du rêve inaccessible de ton corps que je vois presque danser au bout de ma gourmandise. Je te bois jusqu’à la dernière goutte pour ne rien perdre de ces images impudiques qui se fractionnent dans le kaléidoscope de ma déraison. Je redessine les contours de ma hampe enfiévrée, jusqu’à mon gland perlant de rosée matinale. Je le presse doucement pour en tirer un fin sirop que je répands avec soin au creux du sillon de ma prune. Je ne fais que souffler sur les braises qui ne vont pas tarder à consumer mon libre arbitre, pour finir dans un crescendo extatique que je ne peux plus contenir.
Saisissant ma queue à pleine main, je feins d’entamer le va et vient final qui va soulager mes souffrances. Je resserre mon étreinte à la base de mon vit qui est prêt à exploser. Mes bourses se sont tendues à l’annonce du choc frontal avec cet orgasme qui gronde au sein de mon ventre creusé d’envie. Mais temps a filé sans que je m’en sois réellement aperçu, et à l’instant même où mes doigts viennent rabattre mes chairs avides de jouissance et de foutre, le réveil se met à distiller son alarme incisive.
Avant qu’il ne réagisse une seconde fois, je mets fin à son accord dissonant et par la même occasion, au plaisir que j’étais en train de me donner …

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