Le parquet ciré
Agenouillée dans la pénombre, elle l’attend …
Un silence glacé framboise sa peau nue, tandis que résonnent Ses pas dans l’escalier. Elle est prête à l’accueillir, dans la posture qu’il a soigneusement Consignée la veille dans sa missive, celle d’une soumission impatiente et curieuse de se livrer corps et âme, à l’inconnu. Toutefois, un léger sentiment d’effroi caresse son esprit à l’instant même où elle repense au Maître-mot de leur rendez-vous : Inconfort !
Ce n’est pas la première fois qu’elle franchit la limite de cette fameuse zone de confort, entre Ses mains. Se sentir dépossédée du carcan de bien-être qui muselle l’expression de sa fougue, dans l’abandon et parfois même, une certaine douleur. Comment va-t-il finalement la malmener, conformément à ses attentes ?
Le visage et les mains rivés au parquet ciré, elle ressent enfin sa présence, toute proche. Le souffle de son Emprise effleure ses sens, la plongeant dans un trouble inextricable. Confiante elle peut l’être, sans aucune restriction. Mais la peur l’envahit et la tétanise, face au mystère de ce qu’il va mettre en œuvre, pour la satisfaire …
Sans prononcer le moindre mot il l’invite à se redresser et noue immédiatement un bandeau de satin noir autour de ses cheveux. Elle aimerait en sourire, mais ses mâchoires sont déjà écartelées par le bâillon à boule qu’il attache fermement derrière sa nuque. Il est très rare d’avoir envie de plaisanter à ce stade, sachant que l’on doit simplement se contenter … d’en baver !
Elle retrouve à présent le cuir tanné des bracelets venant enserrer ses poignets, sans pour autant les entraver. C’est ce genre de petit détail qui est prompt à la déstabiliser, lorsque le fil de ses repères est rompu par une nouveauté …
L’être dominant semble marquer une pause qui lui glace le sang. Son regard inquisiteur observe la jeune femme et décrypte chaque frémissement du corps qu’il modèle à l’image de son Emprise. Ses seins opalins captent le peu de lumière diffuse, pour les envelopper de douceur. Il saurait réveiller l’ardeur de ses généreux mamelons qui se dressent impunément, avec le mordant de ses pinces métalliques. Mais il garde en mémoire la Consigne, et le Maître-mot.
En faisant pression sur les épaules de l’indolente, il la force à reprendre une posture qui convient parfaitement à son statut, le visage plaqué au sol. Il se munit ensuite de sa propre ceinture pour entraver les bras de sa proie au niveau des coudes, avant de la contraindre à se mettre à plat ventre sur le parquet. Elle tente en vain de prendre appui sur ses mains, car même si l’inconfort ne se fait pas totalement ressentir, elle se sent en équilibre, très instable …
Dans une suite d’opérations à la précision chirurgicale, il passe des sangles à ses chevilles et les noue à ses coudes, réglant soigneusement la tension, afin que ses cuisses demeurent joliment entrouvertes. Ceci fait, il ne résiste pas à l’envie de pointer son majeur entre les fesses rebondies de sa belle captive, et le laisser glisser jusqu’à la moiteur de sa vulve enfiévrée. Comment douter encore un seul instant qu’Emprise ne puisse pas rimer avec Excitation ?
Le doigt enrobé de ce mielleux gage de confiance, il pénètre sans vergogne le petit orifice qui s’offre naïvement à lui. L’étau se resserre avec délice autour de ses phalanges, mais bien vite se relâche, disposé à se laisser séduire. Le froid de la boule d’acier qui investit son rectum lui arrache un râle furtif, étouffé par le bâillon. Le crochet anal est en place, bientôt raccordé à la ceinture à l’aide d’une cordelette. L’Emprise prend forme et elle est déjà plaisir à voir !
Il ne reste plus qu’à apporter la touche finale au tableau, pour que prennent tout leur sens, les neuf lettres du Maître-mot …
L’obligeant à soulever son buste en forçant sur ses mains, avec les coudes entravés dans le dos, il passe une autre cordelette dans les anneaux des bracelets de cuir pour qu’ils se rapprochent l’un de l’autre sous sa poitrine. Si elle pouvait s’exprimer, et surtout si elle en avait le droit, elle le maudirait, très certainement !
Elle en bave et ce n’est pas un vain mot, à en juger par la flaque de salive qui inonde le parquet. Chaque mouvement devient périlleux, douloureux, que ce soit au niveau des coudes ou des chevilles. Chaque tentative de violation de ses degrés de liberté n’a qu’une seule finalité, accroître l’inconfort de la posture et surtout, la tension du crochet anal qui fait son œuvre, insidieusement, au cœur de son fondement …
Comme toute bonne recette qui se respecte, il faut savoir faire preuve de patience et laisser le plat mijoter à petit feu. Dans ce silence religieux qui n’a pas jamais été rompu depuis qu’elle s’est agenouillée dans la pénombre, sur le parquet ciré, elle attend toujours. Non pas le moment de la délivrance puisqu’elle elle jouit pleinement de la situation, à sa manière, même si ses mains n’arrivent plus à supporter sa carcasse tremblante.
Elle attend patiemment cette autre phase du renoncement où elle pourra réellement exprimer toute sa fougue, dans l’incandescence extatique et céleste, du lâcher prise …

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